Présidentielle 2027

Dossier · 2017 – 2027

Critiques, alliances
et stratégie

Comment l'UPR entend « renverser la table » en 2027 — un Frexit par l'article 50, un triple retrait (UE, euro, OTAN), un calendrier dès le premier jour — puis ce qui rend cette stratégie cohérente : une offre sans équivalent, le refus des alliances avec Nicolas Dupont-Aignan, Florian Philippot et Philippe de Villiers, l'intégrité de son financement et une ligne inchangée depuis 2017.

Point de vue. Cette synthèse expose les analyses telles que François Asselineau et l'UPR les présentent, complétées d'éléments publiés par la presse. Elle ne constitue pas une vérification indépendante ; les personnes citées peuvent exercer leur droit de rectification.

1Stratégie de l'UPR pour la présidentielle et les législatives de 2027

1.1 Arguments de l'UPR pour la présidentielle de 2027

Malgré un « verrou des parrainages » et un « silence médiatique », l'UPR avance plusieurs arguments pour sa victoire :

  • Un diagnostic structurel et partagé : l'UPR estime que la crise en France est structurelle, et non conjoncturelle. Elle affirme que la perte de souveraineté depuis Maastricht a privé la France de tous ses leviers économiques (monnaie, contrôle des capitaux, commerce extérieur).
  • Une offre politique unique : l'UPR se présente comme la seule force proposant une alternative de rupture claire. Elle dénonce les autres partis qui, selon elle, ne sont candidats qu'au poste de « gouverneur de la province France » et ne proposent que des « promesses pour gogos ».
  • Un discours de vérité : l'UPR se positionne comme un « mouvement de libération nationale » portant un discours de vérité. Elle se dit « ni de gauche ni de droite » et rassemble des patriotes de tous horizons, en opposition à la « suggestopolitique » et aux promesses vagues des autres partis.
  • Un projet clair et radical : le programme repose sur un triple retrait (UE, euro, OTAN). La promesse phare est l'activation de l'article 50 dès la première semaine du mandat, sans référendum préalable, car l'élection vaudrait mandat.
  • Une stratégie de terrain : face au « silence médiatique », l'UPR s'appuie sur un maillage de plus de 70 délégations et 25 000 membres pour mener une campagne militante de terrain afin de convaincre les maires de lui accorder leurs parrainages.

1.2 Stratégie pour les législatives post-victoire

En cas de victoire, l'UPR devrait affronter des élections législatives. Bien que n'ayant jamais eu d'élus, sa stratégie reposerait sur sa dynamique de campagne et son ancrage territorial.

  • Capitaliser sur l'effet présidentiel : l'UPR compterait sur l'élan de sa victoire pour obtenir une majorité, en présentant des candidats dans toutes les circonscriptions pour convertir son score national en sièges.
  • Appel à un rassemblement large : l'UPR se présente comme un « mouvement de libération nationale » ouvert à tous les patriotes. Aux législatives, elle chercherait à rassembler au-delà de son parti, en nouant des alliances avec des personnalités et des électeurs d'autres bords partageant la volonté d'appliquer le Frexit.
  • S'appuyer sur le maillage territorial : les délégations locales de l'UPR serviraient de base pour les campagnes législatives, avec des militants déjà en place pour mener la campagne de proximité.
  • Un enjeu de majorité absolue : la question reste de savoir si cette dynamique suffirait pour obtenir une majorité absolue.

2Argumentaire pro-UPR pour la présidentielle de 2027

Cette stratégie repose sur une offre que l'UPR estime sans équivalent dans le paysage politique.

En 2027, comme en 2017, l'UPR se présente comme la seule formation capable de « renverser la table », c'est-à-dire de provoquer une rupture systémique et non un simple aménagement du cadre existant. L'argumentaire repose sur la clarté juridique de son programme, sa cohérence doctrinale et sa stratégie de rupture immédiate, qui contrastent avec les ambiguïtés et les compromissions des autres candidats souverainistes.

2.1 La seule offre de Frexit claire et juridiquement fondée

En 2027, François Asselineau a officiellement lancé sa campagne en réaffirmant « son rejet de toute ambiguïté sur la question européenne et géopolitique ». Son programme repose sur un triptyque clair : sortie de l'Union européenne, de l'euro et de l'OTAN. Concrètement, il s'engage à :

  • Activer l'article 50 dès la première semaine de son mandat : il refuse tout référendum préalable, estimant que son élection vaudra mandat.
  • Notifier immédiatement la sortie de l'OTAN via l'article 13, pour une sortie effective sous un an.
  • Arrêter immédiatement toute aide financière et militaire à l'Ukraine dès sa prise de fonction.

Il se présente ainsi comme « le seul candidat à la présidence de la République française », face à des concurrents qui, selon lui, ne proposent que des « promesses pour gogos » et des « envolées patriotiques de pacotille ».

2.2 Une cohérence doctrinale face aux ambiguïtés des autres souverainistes

L'UPR se distingue par sa cohérence et son refus des alliances de circonstance. Il se revendique comme « le seul mouvement politique situé au-dessus du clivage gauche-droite, capable de rassembler les patriotes venus de tous les horizons ». Cette position contraste avec les autres figures du souverainisme :

  • Florian Philippot : il a annoncé sa candidature en mai 2026, mais a immédiatement précisé qu'il « se rangerait derrière une candidature plus rassembleuse », citant Philippe de Villiers. Cette posture de candidat « par défaut » illustre l'ambiguïté stratégique que dénonce Asselineau.
  • Nicolas Dupont-Aignan : il prône une « sortie de l'UE » et un « protectionnisme intelligent », mais sans le mécanisme juridique clair du Frexit immédiat. Il a par ailleurs été critiqué pour ses alliances passées avec des figures anti-Frexit.
  • Philippe de Villiers : bien qu'il soit présenté comme un possible rassembleur, il n'a jamais assumé un Frexit pur et dur, préférant entretenir l'ambiguïté sur une « autre Europe ».

Pour Asselineau, ces candidats, par leurs ambiguïtés, stérilisent la cause souverainiste et empêchent toute rupture réelle.

2.3 Une stratégie de rupture immédiate et un calendrier clair

« Renverser la table » implique une action immédiate. Le programme de l'UPR pour 2027 offre un calendrier d'application dès le premier jour :

  • Article 50 activé sous 48 heures : la procédure de sortie de l'UE serait engagée sous deux ans.
  • Contrôle des capitaux et des frontières : rétablissement des contrôles pour lutter contre l'évasion fiscale et les délocalisations.
  • Nationalisation de la dette publique : lancement d'un grand emprunt national réservé aux Français pour racheter la dette détenue par des fonds étrangers.
  • Réduction drastique de l'appareil d'État : suppression des régions, réduction du nombre de parlementaires, division par deux du budget de l'Élysée.

Ces mesures, chiffrées et immédiates, visent à reprendre le contrôle sur tous les leviers de souveraineté, sans période de transition ni négociations sans fin.

2.4 Synthèse : pourquoi l'UPR est la seule à pouvoir « renverser la table » en 2027

En 2027, l'UPR se présente comme la seule formation dont le programme ne se contente pas de critiquer l'UE, mais propose une stratégie de sortie claire, immédiate et juridiquement fondée. Face à des concurrents qui, soit s'effacent par avance (Philippot), soit entretiennent l'ambiguïté sur les moyens (NDA, de Villiers), l'UPR offre un Frexit sans ambiguïté, un triple retrait et un calendrier d'application dès le premier jour. Pour ses partisans, cette cohérence doctrinale et cette radicalité assumée sont la condition sine qua non pour « renverser la table » et non se contenter d'une « opposition de complaisance » qui, en critiquant l'Europe sans jamais proposer d'en sortir, finit par la légitimer.

3Les critiques d'Asselineau envers les autres formations souverainistes

Cette singularité fonde le refus de toute alliance, d'abord par principe.

François Asselineau, président de l'UPR, formule des critiques très dures envers les autres formations souverainistes. Sa position ne se limite pas à un simple désaccord stratégique : il conteste la nature même de leur engagement et les accuse de faire le jeu du système.

3.1 Un rejet catégorique de l'étiquette « souverainiste »

Asselineau refuse d'être associé à ce qu'il appelle le « souverainisme ». Il affirme que l'UPR n'est pas un parti souverainiste, mais un « mouvement de libération nationale ». Selon lui, le problème numéro un de la France n'est pas l'immigration, mais la destruction de l'agriculture, de l'industrie et du niveau de vie, causée par la perte de souveraineté.

3.2 Le rejet de l'alliance proposée par NDA et Philippot

En septembre 2025, Nicolas Dupont-Aignan et Florian Philippot ont publiquement proposé une primaire souverainiste en vue de la présidentielle. Asselineau a rejeté cette offre de manière très ferme, la qualifiant de « réunion de la droite identitaire » et non d'union des souverainistes.

Ses arguments sont les suivants :

  • Une base électorale trop étroite : pour sortir de l'UE, il faudrait convaincre 30 % des Français de droite et 25 % de gauche. Or, une alliance limitée à la droite et à l'extrême-droite ne permettrait jamais d'atteindre ce seuil.
  • Un piège électoral : il estime que les primaires « ça n'existe pas ou ça ne marche pas » et que le périmètre de cette union est flou. Il prend l'exemple d'Éric Zemmour : si celui-ci obtenait plus de voix que lui, les adhérents de l'UPR refuseraient de le soutenir car il est contre la sortie de l'UE.

3.3 Des critiques personnelles acerbes envers NDA et Philippot

Asselineau ne se contente pas de critiquer la stratégie : il attaque directement la crédibilité de ses concurrents.

  • Nicolas Dupont-Aignan (DLF) : il lui reproche de « changer de programme toutes les semaines », ce qui le rend selon lui inconstant et peu fiable.
  • Florian Philippot (Les Patriotes) : il estime qu'il « pèse une plume » électoralement, minimisant ainsi totalement son poids politique.

Ces critiques sont reprises par les militants de l'UPR, qui considèrent Dupont-Aignan et Philippot comme des « girouettes », incapables de maintenir une ligne claire.

3.4 La critique de fond : les « alter-européistes » sont des « leurres »

Au-delà des personnes, Asselineau et l'UPR critiquent toutes les forces politiques qui prétendent vouloir changer l'Europe de l'intérieur, qu'il qualifie d'« alter-européistes ». Pour lui, ces formations sont des « leurres » qui font le jeu des européistes pour trois raisons :

  1. Le mythe de l'« Autre Europe » : ils laissent croire qu'il est possible de réformer l'UE, alors que les traités ne peuvent être modifiés qu'à l'unanimité des États membres. Ils occultent ainsi le fait que l'UE est structurellement conçue pour rendre les États impuissants.
  2. L'absence de hiérarchie des priorités : ils ne placent pas le Frexit au sommet de leur programme, stérilisant ainsi une partie de l'électorat qui serait prête à les soutenir sur ce point.
  3. L'échec de l'éducation populaire : malgré des années d'existence et une exposition médiatique parfois importante, ces partis n'ont jamais fait le travail pédagogique nécessaire pour expliquer concrètement aux Français les origines de la désindustrialisation et de l'austérité.

En somme, pour Asselineau, s'allier avec ces formations reviendrait à trahir la cause de l'indépendance nationale en se compromettant avec des partis qui, au mieux, ne veulent pas réellement sortir de l'UE, et au pire, instrumentalisent le mécontentement populaire pour des ambitions personnelles.

4Analyse critique de Nicolas Dupont-Aignan du point de vue d'Asselineau

Le principe s'éprouve ensuite sur les trois figures qui ont proposé ou incarné une union souverainiste.

4.1 Le rejet de l'alliance et l'accusation de « droite identitaire »

En septembre 2025, NDA et Philippot ont proposé une primaire souverainiste. Asselineau a rejeté cette offre de manière catégorique, la qualifiant de « réunion de la droite identitaire ». Ses arguments sont mathématiques et politiques :

  • Pour sortir de l'UE, il faudrait convaincre 30 % des Français de droite et 25 % de gauche. Une alliance limitée à la droite et à l'extrême-droite ne permettrait jamais d'atteindre ce seuil.
  • NDA s'est allié à Zemmour, Maréchal et Ciotti à Vierzon, des anti-Frexit notoires, ce qui vide de sens toute prétention souverainiste de cette alliance.

4.2 La critique du « souverainisme » incohérent

Asselineau refuse catégoriquement l'étiquette de « souverainiste » et affirme que l'UPR est un « mouvement de libération nationale ». Il reproche à NDA de ne jamais donner toutes les pièces du puzzle et de s'arrêter à mi-chemin :

  • NDA ne parle pas du rôle des États-Unis dans la construction européenne.
  • Il enfume les gens avec un « euro-franc » et une « monnaie commune », alors que l'euro est déjà une monnaie commune.
  • Sa proposition d'« Europe des nations » est une illusion, car il faudrait l'accord unanime de tous les signataires des traités.

Pour Asselineau, NDA a de « très bonnes critiques de l'UE » mais « en tire des conclusions alambiquées », préférant l'ambiguïté à la clarté du Frexit.

4.3 Plagiat et « suggestopolitique »

L'UPR accuse régulièrement NDA de plagier ses idées et ses expressions. L'épisode le plus célèbre concerne l'expression du « syndic de copropriété » pour désigner la Commission européenne, qu'Asselineau a accusé NDA d'avoir reprise. Or, NDA avait employé cette formule des années auparavant à l'Assemblée nationale, ce qui a retourné l'accusation contre Asselineau lui-même.

Au-delà du plagiat, Asselineau et ses militants rangent NDA dans la catégorie des « girouettes » et des praticiens de la « suggestopolitique » : des politiciens qui laissent entendre qu'ils feraient le Frexit sans jamais s'engager clairement, pour capter un électorat sans en assumer les conséquences.

4.4 Financement et gestion : un contraste avec l'UPR

Asselineau met en avant la pureté financière de l'UPR (refus des banques et des subventions) pour mieux critiquer la gestion de NDA. Plusieurs points sont mis en avant :

  • Dette fournisseurs : la CNCCFP a saisi le parquet en 2023 concernant une dette de 655 134 € de Debout la France envers ses prestataires. NDA a reconnu un solde de 249 678 € non payé.
  • Cotisations impayées : Libération a révélé que NDA n'a jamais versé sa cotisation d'élu à son propre parti, un manque à gagner de 115 000 € sur douze ans.
  • Endettement bancaire : Asselineau a publiquement pointé la dette de 1,1 million d'euros de NDA auprès des banques lors du Grand Débat de 2017.

Pour l'UPR, ces éléments prouvent que NDA n'est pas un allié fiable et que sa gestion le rend dépendant de financements qu'il ne contrôle pas totalement.

4.5 Synthèse stratégique

Pour François Asselineau, Nicolas Dupont-Aignan incarne une opposition contrôlée : il critique l'UE mais ne propose jamais le Frexit, il dénonce les banques mais s'endette auprès d'elles, il se dit souverainiste mais s'allie à des anti-Frexit. En refusant toute alliance, l'UPR cherche à préserver la cohérence et la crédibilité d'un projet de libération nationale qui, lui, s'attaque réellement aux fondements du système.

5Pourquoi Florian Philippot n'a pas rejoint l'UPR

5.1 Chronologie des faits

  • Création de l'association Les Patriotes par Florian Philippot, alors encore au Front national.
  • Philippot quitte le FN et transforme Les Patriotes en parti politique. L'UPR affirme lui avoir tendu la main à ce moment-là, ce qu'il aurait refusé.
  • Première confrontation électorale lors de législatives partielles. Philippot présente ses candidats face à ceux de l'UPR, avec une importante couverture médiatique, mais les résultats sont quasiment à égalité.
  • Avant les européennes, Philippot propose à l'UPR une liste commune à 50/50 avec une contribution financière de 300 000 € pour obtenir la 3e place. L'UPR refuse cette proposition à l'unanimité.
  • L'UPR révèle que Philippot avait d'abord proposé 400 000 € à Debout la France (DLF) de Nicolas Dupont-Aignan, un parti pourtant anti-Frexit.
  • Après le refus de l'UPR, Philippot s'allie à un leader des « gilets jaunes » (M. Barnaba), qualifié par l'UPR d'« alter-européiste ». Asselineau dénonce une « escroquerie » et des « convictions à géométrie variable ».

5.2 Les raisons du non-ralliement

  • Un choc des ambitions et des stratégies : Philippot, fort de sa notoriété médiatique, était convaincu de pouvoir « balayer politiquement l'UPR » et s'approprier son corpus idéologique, plutôt que de rejoindre une structure existante.
  • Des divergences politiques et d'image : Asselineau a justifié son refus par le fait que Philippot a « des convictions à géométrie variable ». Il a aussi mis en avant l'image « d'extrême droite » associée à Philippot (6 ans au FN dont 5 comme vice-président), un profil qui ne correspond pas à la charte de l'UPR, un mouvement qu'Asselineau présente comme une « grande alliance au-dessus du clivage droite-gauche ».
  • L'hostilité et la concurrence : l'UPR accuse Philippot d'avoir « continuellement voulu nuire » à l'UPR depuis 2017 et ses militants d'avoir mené des attaques récurrentes contre François Asselineau. Cette hostilité a été un facteur majeur rendant toute union impossible.

En résumé, le non-ralliement de Florian Philippot ne repose pas sur un simple désaccord mais sur une incompatibilité stratégique (créer sa propre structure plutôt que rejoindre l'UPR), politique (image d'extrême droite incompatible) et personnelle (hostilité et tentatives de déstabilisation).

6Philippe de Villiers : la méfiance d'Asselineau

6.1 Chronologie des faits marquants

  • François Asselineau adhère au Rassemblement pour la France (RPF), un parti fondé par Charles Pasqua et Philippe de Villiers. Cette expérience commune est le point de départ de leur relation.
  • Philippe de Villiers se déclare publiquement en faveur du Frexit sur des médias comme CNEWS ou Sud Radio. François Asselineau réagit en l'accusant de plagier ses propres analyses, notamment sur l'histoire de l'AMGOT, et de prétendre être le premier à avoir eu l'idée du Frexit.
  • Florian Philippot, président des Patriotes, annonce qu'il s'effacerait derrière Philippe de Villiers si ce dernier se présentait à la présidentielle. Asselineau critique alors cette alliance, y voyant une manœuvre pour brouiller le discours souverainiste et le rendre inoffensif.

6.2 Les raisons du non-ralliement selon Asselineau

Asselineau rejette toute idée d'union avec Philippe de Villiers pour plusieurs raisons de fond :

  • Un Frexit de façade et non assumé : pour Asselineau, de Villiers invoque le Frexit « sans en assumer le contenu réel ». Il lui reproche de ne jamais préciser par quel mécanisme il compte sortir de l'UE. L'UPR rappelle d'ailleurs que de Villiers n'a pas toujours été pour le Frexit, ayant défendu par le passé une « Autre Europe ».
  • Une stratégie de brouillage médiatique : Asselineau analyse l'attitude de de Villiers comme une tentative de banaliser son discours pour le rendre inoffensif. En reprenant ses thèmes sur des plateaux TV, de Villiers invisibilise le travail de fond de l'UPR et de son président.
  • Une « suggestopolitique » : Asselineau range de Villiers dans la catégorie des politiciens qui pratiquent la « suggestopolitique » : ils laissent entendre qu'ils feraient le Frexit sans jamais s'engager clairement sur un programme. Pour lui, c'est un « enfumage » qui vise à capter un électorat souverainiste sans avoir à en assumer les conséquences.
  • Des divergences de fond sur la souveraineté : l'UPR se méfie de la position de de Villiers sur l'Europe. Un commentaire publié sur le site de l'UPR souligne qu'il « ne va pas jusqu'à dire qu'il faut sortir des Traités », ce qui est pourtant la position centrale et non négociable de l'UPR.

En résumé, pour François Asselineau, Philippe de Villiers n'est pas un allié fiable. Il le perçoit comme un concurrent qui récupère les idées de l'UPR pour servir ses propres ambitions, sans partager la radicalité et la cohérence du projet de sortie de l'UE, de l'euro et de l'OTAN.

7Analyse comparative des financements et de l'exposition médiatique

Reste le critère d'intégrité : qui finance qui, et qui accède aux grands médias.

7.1 Modes de financement

CritèreFrançois Asselineau (UPR)Florian Philippot (Les Patriotes) Philippe de Villiers (MPF / Puy du Fou)
Subventions publiquesAucune (refus)Aucune (aucun élu) Oui (via le MPF)
Dons1,5 M€ d'objectif pour 2027 ; 500 000 € en 7 semaines 2 M€ de dons et cotisations en 2024 ; total cumulé ~3,98 M€ Appel télévisé aux dons en 1995
Financement bancaireRefusRefus revendiqué « Aucun emprunt nécessaire » en 2007
Profil des donateurs932 contributeurs pour 126 588 € Jusqu'à 7 500 €/an ; « grands donateurs » avec ligne directeNon détaillé

7.2 Exposition médiatique : une distorsion structurelle

L'UPR dénonce depuis des années une disparité de traitement médiatique flagrante entre ses représentants et ceux de Florian Philippot ou de Philippe de Villiers. François Asselineau a lui-même été largement marginalisé des grands plateaux télévisés, tandis que Florian Philippot bénéficie d'une présence récurrente sur CNEWS et BFMTV. Des observateurs notent que Philippot « semble être quelqu'un de plus facile à contrôler par le système ».

7.3 Conflits d'intérêts et corruption potentielle

  • François Asselineau : il se présente comme le plus intègre, refusant tout financement bancaire ou subvention et ne vivant que des dons de ses adhérents. Il n'existe à ce jour aucune révélation documentée de financement opaque, de conflit d'intérêts majeur ou de lien avec des oligarques le concernant.
  • Florian Philippot : il a été accusé par Marine Le Pen elle-même d'un « conflit d'intérêts » entre ses fonctions de vice-président du FN et la présidence des Patriotes. Plus récemment, des enquêtes l'ont identifié comme un « relais d'influence pro-russe » dans une liste révélée par Complément d'enquête, sans qu'il soit prouvé qu'il soit un agent rémunéré.
  • Philippe de Villiers : le cas le plus documenté. Les révélations du Guardian et d'autres médias établissent que sa société Puy du Fou a continué à coopérer avec l'oligarque russe Konstantin Malofeev après l'annexion de la Crimée et malgré les sanctions de l'UE. En août 2014, Philippe de Villiers et son fils Nicolas se sont rendus à Yalta pour rencontrer Poutine et discuter de projets de parcs à thème avec Malofeev. L'opacité du financement du RPF en 1999 a également été un sujet de tensions judiciaires.

7.4 « Opposition contrôlée » : une hypothèse à examiner

Le cas Philippot

  • Sa présence médiatique disproportionnée par rapport à son poids électoral (< 1 % aux européennes) est un signal fort. Les médias ne l'invitent pas pour ses résultats, mais pour son profil : ancien du FN, figure de l'anti-passe sanitaire, capable de diviser le camp souverainiste.
  • Son positionnement anti-UE mais sans proposition claire de Frexit le rend inoffensif pour le système en place. Il capte un électorat souverainiste mécontent sans menacer réellement l'ordre établi.
  • Ses liens présumés avec des réseaux d'influence russes ajoutent une dimension trouble : il est utilisé, consciemment ou non, comme un vecteur de désinformation qui affaiblit la crédibilité de toute la mouvance souverainiste.

Le cas de Villiers

  • Ses liens économiques documentés avec un oligarque russe sous sanctions sont troublants pour un homme qui se présente comme un patriote anti-européen. Cela suggère que ses intérêts privés (le développement international du Puy du Fou) sont incompatibles avec un combat réel contre l'UE et ses alliés.
  • Sa position sur le Frexit a toujours été ambiguë, évoluant de l'« Autre Europe » à un Frexit de façade sans mécanisme précis. Il incarne une opposition « suggestive » qui ne menace jamais vraiment le système.
  • Son ralliement à la majorité présidentielle de Sarkozy en 2007 montre qu'il peut être un opposant « négociable » et que son combat souverainiste n'a jamais été une ligne rouge absolue.

Synthèse : pour François Asselineau, cette dynamique explique pourquoi il refuse toute alliance avec Philippot et de Villiers. Il les considère comme des « leurres » qui, par leur manque de radicalité et leurs compromissions, stérilisent la cause souverainiste en la rendant médiatiquement inoffensive et politiquement inaudible. L'UPR, en refusant de s'allier à eux, cherche à préserver la cohérence et la crédibilité d'un projet de libération nationale qui, lui, s'attaque réellement aux fondements du système.

8Argumentaire pro-UPR pour la présidentielle de 2017

Enfin, la cohérence se mesure dans la durée : la ligne de 2027 est celle que l'UPR défendait déjà en 2017.

Pour étayer l'idée que l'UPR était, en 2017, la seule formation capable de « renverser la table », il faut se pencher sur ce qui distinguait radicalement son programme de celui des autres prétendants souverainistes. L'argumentaire repose sur une démonstration en trois temps : la clarté juridique du Frexit, la cohérence doctrinale, et la stratégie de rupture immédiate.

8.1 La seule offre politique de Frexit claire et juridiquement fondée

En 2017, la campagne présidentielle a été marquée par une ambiguïté persistante sur la question européenne. François Asselineau a été le seul à assumer pleinement et sans détour une sortie de l'Union européenne.

  • Un Frexit « pur et dur », immédiat et sans négociation : là où Marine Le Pen proposait d'abord une renégociation des traités pendant six mois, suivie d'un référendum — une méthode que le JDD qualifiait de « Frexit » avec négociations préalables —, Asselineau promettait une sortie immédiate. Sa toute première décision à l'Élysée aurait été de déclencher l'article 50 du Traité sur l'Union européenne, sans période de transition ni négociations.
  • Une différence assumée et revendiquée : Asselineau se proclamait « le seul candidat du Frexit », une affirmation que Le Monde a nuancée en soulignant qu'il était surtout le seul à vouloir une sortie sans aucune négociation dès son arrivée au pouvoir. Face à lui, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon « ne proposent que de renégocier les traités ».
  • Un triple retrait, pas seulement un Frexit : l'UPR ne se limitait pas à l'UE. Le programme de libération nationale incluait également la sortie de la zone euro et de l'OTAN, ce qui constituait une rupture systémique bien plus profonde que les propositions des autres souverainistes.

8.2 Une cohérence doctrinale face aux ambiguïtés des autres souverainistes

L'un des arguments les plus forts d'Asselineau était que les autres candidats souverainistes, par leurs ambiguïtés et leurs compromissions, empêchaient toute rupture réelle avec le système.

  • Le rejet des « girouettes » et de l'« enfumage » : l'UPR reprochait à ses concurrents de ne pas donner « toutes les pièces du puzzle » et de pratiquer la « suggestopolitique » — laisser entendre qu'ils feraient le Frexit sans jamais s'engager clairement. Nicolas Dupont-Aignan était ainsi critiqué pour son incohérence et ses propositions alambiquées, tandis que Florian Philippot était décrit comme ayant des « convictions à géométrie variable ».
  • Un mouvement « ni de droite, ni de gauche » : l'UPR se revendiquait comme un « mouvement de libération nationale » et non comme un parti souverainiste classé à droite. Asselineau refusait catégoriquement l'alliance avec NDA et Philippot, qu'il qualifiait de « réunion de la droite identitaire », arguant qu'une telle coalition ne pourrait jamais atteindre le seuil nécessaire pour une sortie de l'UE.
  • La critique du « flou artistique » : en 2017, Asselineau dénonçait le « flou artistique » entretenu par Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon sur la question européenne, soulignant que « soit on continue d'enfumer les Français, soit on fait sereinement, juridiquement, comme les Britanniques, la sortie de l'Europe ».

8.3 Une stratégie de rupture immédiate et un calendrier clair

« Renverser la table » impliquait une action immédiate, non une négociation sans fin. Le programme de l'UPR offrait un calendrier d'application immédiat.

  • L'activation de l'article 50 dès le premier jour : Asselineau promettait d'utiliser l'article 50 du Traité sur l'Union européenne dès son installation à l'Élysée. Cette méthode, calquée sur le Brexit britannique, était présentée comme la seule voie juridiquement propre pour sortir de l'UE.
  • Des économies chiffrées et immédiates : l'UPR avançait des chiffres concrets : le Frexit permettrait des économies de 34 milliards d'euros par an, dont 20 milliards récupérés sur l'évasion fiscale (rendue possible par le rétablissement du contrôle des mouvements de capitaux), 5 milliards liés aux cofinancements et condamnations européennes, et 9 milliards sur l'agriculture.
  • La promesse d'une relance économique : Asselineau affirmait que le retour au franc, avec une dépréciation n'excédant pas 10 %, permettrait de relancer l'économie et de baisser le nombre de chômeurs de catégorie A d'un à deux millions en deux ans.

8.4 Synthèse : pourquoi l'UPR était la seule à pouvoir « renverser la table »

En 2017, l'UPR se présentait comme la seule formation politique dont le programme ne se contentait pas de critiquer l'UE, mais proposait une stratégie de sortie claire, immédiate et juridiquement fondée. Alors que les autres souverainistes (Le Pen, Mélenchon, Dupont-Aignan, Philippot) entretenaient un « flou artistique » sur l'Europe — soit par des propositions de renégociation, soit par des alliances contre-nature —, l'UPR offrait un Frexit sans ambiguïté, un triple retrait (UE, euro, OTAN) et un calendrier d'application dès le premier jour.

Pour ses partisans, cette cohérence doctrinale et cette radicalité assumée étaient la condition sine qua non pour « renverser la table ». Sans majorité absolue à l'Assemblée, sans un mouvement capable de convaincre 30 % des électeurs de droite et 25 % de gauche, aucune sortie de l'UE n'était possible. En refusant les alliances de circonstance et en maintenant une ligne claire, l'UPR prétendait être le seul véhicule crédible pour une véritable rupture — et non une simple « opposition de complaisance » qui, en critiquant l'Europe sans jamais proposer d'en sortir, finissait par la légitimer.